Six questions pour une bonne stratégie m-Learning

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Six questions pour une bonne stratégie m-Learning

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Six questions pour une bonne stratégie m-Learning

Robin Lal est consultant en e-Learning et développement chez Aviva. Au cours de ces deux derniers mois, il s’est attaché à définir le rôle du Mobile Learning dans son secteur d’activité à l’aide de six critères choisis avec le plus grand soin. Ce sont ces mêmes critères qui sous-tendent maintenant le plan démontrant la faisabilité du déploiement du m-Learning au sein des effectifs d’Aviva. Lors d’un récent entretien avec Robin Lal, nous lui avons demandé de nous faire part de l’expérience qu’il a acquise sur le processus de développement m-Learning chez Aviva à ce jour.

Où en sommes nous ?

Robin Lal est consultant en e-Learning et développement chez Aviva.
Robin Lal

Aviva avait déjà pris une longueur d’avance en pensant à proposer le Mobile Learning parmi ses offres de formation il y a deux ans et demi, mais c’est seulement au cours de ces six derniers mois que la demande au sein de la société a atteint un niveau démontrant véritablement la viabilité d’une stratégie m-Learning formelle. Robin Lal explique cela par une combinaison de facteurs, notamment l’arrivée progressive de nouveaux effectifs chez Aviva en provenance d’autres secteurs d’activité dans lesquels le Mobile Learning était déjà proposé.

« Le buzz s’est développé au sein de différentes entreprises, et un certain nombre de personnes de l’extérieur sont entrées chez Aviva », explique Robin Lal. « Elles ont eu accès à ce genre de formation dans leur emploi précédent. Je pense donc que cela a créé une certaine demande, car elles ne voulaient pas être privées de cette opportunité. »

« L’un des principaux défis que cette démonstration de faisabilité doit surmonter consiste à déployer le Mobile Learning à l’échelle mondiale chez Aviva. Il est évident que le modèle par excellence, en matière de Mobile Learning, c’est de pouvoir accéder aux connaissances au moment voulu à partir de n’importe quel appareil, à tout moment et en tous lieux. Toutefois, cette approche présente des difficultés techniques de taille en raison des différentes infrastructures informatiques mises en place dans chaque région du monde. Chez Aviva, nous allons tout d’abord mettre en œuvre un projet pilote de petite envergure avec un groupe témoin utilisant des iPad, basé au Royaume-Uni. Une fois la faisabilité démontrée, nous déploierons cette solution auprès d’une plus grande audience. Avec quelque 20 000 participants potentiels au Royaume-Uni seulement, ce n’est pas une mince affaire que de proposer le Mobile Learning en continu. »

 

Six questions que toute bonne stratégie m-Learning devrait aborder :

Suite à cette démonstration de faisabilité finalisée depuis peu, nous avons demandé à Robin Lal comment il compte gérer cette formation à forte croissance au sein des effectifs disparates qui composent Aviva au niveau mondial, et ce faisant à quelles difficultés il va devoir faire face. Voici, selon lui, les six questions que tout responsable L&D doit se poser avant de développer une stratégie de déploiement m-Learning.

1. Y a-t-il une demande ?

Robin Lal sait pertinemment qu’il existe une demande réelle pour le Mobile Learning chez Aviva, mais son objectif principal tout au long de la phase de planification de la stratégie a été d’identifier exactement où se trouve la plus forte demande au sein de l’entreprise.
« Le tout premier projet pilote d’Aviva se concentre sur les centres nationaux et les directeurs du développement commercial qui y travaillent. Une application native, facile à télécharger sur un iPad, fournira de façon immédiate toutes les données voulues aux courtiers Aviva ou aux agents tiers qui traitent des devis d’assurance et des demandes de paiement sur le terrain. Les informations pourraient inclure des exemples récents de demandes de paiement, les restrictions et les directives relatives à certains aspects de la couverture, ainsi que des informations spécifiques sur les produits liés. Grâce à l’application, tous les courtiers auront accès aux données de façon instantanée sans qu’ils aient besoin de bien connaître le domaine d’assurance en question. Plutôt que d’essayer d’imposer une formation obligatoire ou de type statutaire, il s’agit en fait de montrer à tous que la formation sur le lieu de travail peut être courte, claire et relativement informelle, tout en ayant un effet direct sur les performances et les ventes. »

2. Pouvons-nous démontrer le retour sur investissement (ROI) ?

Robin Lal et quiconque lançant un projet L&D le savent bien, si vous ne pouvez pas démontrer un ROI dans le cadre du déploiement d’une formation, vous êtes battu d’avance. Quelle est sa stratégie pour éviter cet écueil ?

« L’application pilote sera mise à la disposition de 25 directeurs du développement commercial. Ils sont en contact direct avec les clients et ils s’entretiennent avec les courtiers pour leur donner des conseils sur les différents produits d’assurance proposés par Aviva. Le ROI est évident dans ce cas, en ce qu’on obtient des chiffres d’affaires plus élevés, à la fois pour le directeur du développement commercial qui vend des produits aux courtiers et pour les courtiers qui, à leur tour, vendent des polices d’assurance à leurs clients. Nous espérons générer ainsi une spirale vertueuse au fur et à mesure que les courtiers commencent à utiliser l’application qui va leur donner accès à toutes les informations voulues sur les domaines d’assurance spécifiques gérés par Aviva. Toute augmentation du nombre de produits vendus à nos courtiers que nous enregistrons six à 12 mois après le déploiement du m-Learning peut être considérée comme un ROI. »

3. Avons-nous les ressources et la capacité nécessaires ?

Manifestement, vous devez également vérifier la capacité interne requise pour mettre en œuvre votre stratégie
m-Learning. Les effectifs et le temps prévus, ainsi que les compétences requises doivent être identifiés avec soin, et les politiques en matière d’informatique doivent éventuellement être revues et révisées.

« Dans un cadre international comme celui d’Aviva, il est essentiel de pouvoir prédire de façon précise les besoins en ressources. La plupart des sociétés d’envergure internationale reposent sur un ensemble de systèmes assez complexe, et leur infrastructure informatique peut varier d’un pays à l’autre. Il est donc crucial d’estimer précisément les besoins en ressources et de prédire les pressions que tout nouveau déploiement peut engendrer, non seulement au niveau du service L&D, mais également dans toute l’entreprise. »

4. Notre solution est-elle adaptée aux travailleurs à domicile ?

« AVIVA tient beaucoup aux modèles de travail flexible et au travail à domicile qui sont proposés à son personnel. Il est donc essentiel que toute stratégie m-Learning soit adaptée à ceux qui travaillent chez eux de façon systématique ou partiellement seulement. On pourrait même dire qu’ils sont les plus susceptibles de bénéficier d’une solution de Mobile Learning multi-utilisateur disponible à tout moment. »

5.Nos fournisseurs peuvent-ils nous apporter leur soutien ?

Tout fournisseur soutenant l’élargissement des offres de formation via les appareils mobiles, adopté par AVIVA, doit rapidement montrer qu’il peut proposer un modèle adaptable, des applications conformes à la norme SCORM et l’hébergement de langues. Toutefois, en plus de ces éléments de base, Robin Lal pense qu’il est important que les fournisseurs de m-Learning aident Aviva à développer des cours et du contenu de formation pour appareils mobiles en interne.

« Il est facile d’identifier des besoins en formation spécifiques et de demander à un fournisseur de créer une application mobile, mais comme beaucoup de grandes sociétés, nous voulons garder le contrôle sur tout le processus de création, si possible, tout particulièrement dans la mesure où le contenu devra être mis à jour en fonction des changements réglementaires qui s’opèrent dans l’industrie. L’externalisation de la création de contenu m-Learning aurait d’importantes répercussions sur nos résultats chaque fois qu’un changement serait requis, et AVIVA dispose déjà d’experts qui sont bien équipés pour faire ce travail. Pour l’heure, nous essayons de comprendre une industrie dans laquelle il est virtuellement impossible de comparer les fournisseurs entre eux sur la base de critères vraiment comparables. Pour Aviva, conclure un partenariat avec le bon fournisseur est probablement la question la plus épineuse dans le processus d’évaluation. »

6. Que choisir : une solution axée sur un appareil spécifique ou adaptée à tous les appareils sans exception ?

  • Votre stratégie m-Learning doit-elle être axée sur un appareil spécifique ou adaptée aux mobiles, aux tablettes, à Android, etc. ?

« Pour choisir entre une solution adaptée à tous les appareils ou au contraire axée sur un appareil spécifique en vue d’accéder à notre contenu de Mobile Learning, il faut tout d’abord faire un choix entre un module SCORM 1.2, pour sa bonne fonctionnalité de tracking et parce qu’il a fait ses preuves avec les LMS d’AVIVA, ou une application native, si elle peut fournir des résultats de tracking suffisamment bons. Inutile de dire que les tests sont toujours en cours à ce sujet et que le choix est loin d’être évident. »

  • Comment pouvons-nous mesurer notre succès et quand peut-on parler de succès ?

« D’ici la fin de l’année, nous prévoyons que le groupe témoin aura pleinement accès à un premier portefeuille de contenus. Idéalement, cela aboutira à un cycle de production de trois mois qui va continuellement accroître le contenu disponible via le m-Learning. Il s’agira pour l’essentiel d’informations sur les produits et d’autres informations pour stimuler les ventes. Au fil du temps, nous nous attendons à ce que notre premier groupe témoin initie de nouveaux utilisateurs au m-Learning et étende la communauté de façon organique au fur et à mesure que l’équipe des ventes lance de nouveaux sites pour courtiers afin de mettre en avant les applications
m-Learning que nous créons. »

Il ne fait aucun doute que le développement d’une démonstration de faisabilité, la création d’une stratégie et son déploiement à l’échelle d’une société entière représentent une entreprise de taille pour toute équipe L&D. Cela sous-entend un cadre strict et suffisamment rigoureux pour mesurer le succès, les coûts, les avantages et le ROI à chaque étape du processus. Nous continuerons de suivre cette démarche et nous souhaitons beaucoup de succès à Robin Lal et à son équipe alors qu’ils font face à de nouveaux défis.


 

En résumé : Démonstration de faisabilité de la formation m-Learning : liste de choses à contrôler de Robin Lal

Demande : y a-t-il une réelle demande pour les appareils mobiles parmi vos effectifs ?
Audience : qui sont les apprenants potentiels via le Mobile Learning ? Sont-ils prêts pour le Mobile Learning et disposent-ils déjà des bons appareils ?
Technologie : la technologie nécessaire est-elle en place afin de soutenir une stratégie m-Learning en termes d’appareils, d’outils de création de contenu, etc. ?
Mise en œuvre : comment allez-vous procéder au déploiement du contenu ? Selon les contraintes budgétaires, vous devrez peut-être considérer une approche adaptée à tous les appareils.
Création de contenu en interne ou externalisée ? Une fois de plus, selon vos besoins organisationnels, vous pouvez choisir de soutenir les compétences liées au développement pour mobile en interne ou d’externaliser le processus.

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