Vers une expérience d’apprentissage « augmentée »

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Vers une expérience d’apprentissage « augmentée »

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Vers une expérience d’apprentissage « augmentée »

La réalité augmentée présentée au cours des formations a un impact sur la réalité. Elle permet de modifier l’environnement à la demande de l’apprenant. Elle ne se contente pas de décrire une situation et de demander aux apprenants ce qu’ils devraient faire, avant de leur donner la réponse. Elle constitue une forme de réalité virtuelle et crée de nouvelles situations de formation. Contrairement à une simple description orale, les applications et programmes de réalité augmentée montrent le problème au lieu de l’expliquer avec des mots.

L’histoire de la réalité augmentée est bien plus ancienne que celle de la technologie actuelle. Les soldats romains s’entraînaient avec des mannequins simulant l’ennemi. Les chevaliers médiévaux chargeaient des cibles circulaires avec leurs lances. De nombreux services de renseignement et forces de l’ordre, comme le FBI, disposent d’un stand de tir depuis les années 1930. Les stagiaires avancent dans un parcours d’entraînement au tir, où des cibles apparaissent de manière imprévue. Les stagiaires doivent non seulement atteindre la cible, mais aussi savoir à quel moment ne pas tirer. En effet, les agents doivent être capables de tirer sur des agresseurs armés tout en évitant les passants.  Lors de l’entraînement, la plupart des débutants finissent par tirer sur les innocents et rater des criminels. Aucun de ces résultats n’est souhaitable dans la vraie vie, mais dans le cadre d’une simulation, cela permet aux stagiaires d’acquérir de l’expérience.

Dans les années 1980, les jeux vidéo ont aidé des pilotes américains, britanniques et français à maîtriser le matériel de haute technologie utilisé lors de la guerre du Golfe de 1991. Les résultats militaires immédiats de cette guerre suffisent à démontrer les avantages d’une formation de base reposant sur la réalité virtuelle, suivie d’une formation par simulation, qui constitue elle-même un progrès considérable par rapport aux technologies plus anciennes. Les pilotes savaient manier un vrai avion à réaction grâce à une formation mixte, plus sûre et moins coûteuse qu’un entraînement avec l’engin réel dès le départ.

De nos jours, la réalité augmentée présente un avantage supplémentaire par rapport à son ancêtre : la portabilité. Toute formation en présentiel a lieu à des horaires et dans des locaux donnés, enregistrement mis à part. Dans un contexte de mondialisation croissante, certains employés ne peuvent même pas assister à la formation. Souhaiteriez-vous que vos collaborateurs s’absentent de votre bureau de Paris pour se rendre physiquement à une formation dispensée à New York, aussi utile soit-elle ? Et si les conditions météorologiques ne le permettaient pas, les aéroports de New York étant fermés en raison de chutes de neige record ?

La formation pratique en présence du formateur est également limitée,  étant donné qu’elle requiert la disponibilité aussi bien du formateur que du stagiaire. En revanche, un cours à distance peut être consulté sur un appareil par l’apprenant,  qui peut organiser son apprentissage en fonction de son emploi du temps professionnel. Avec la réalité augmentée, l’apprenant peut si besoin obtenir des conseils sur les moyens de gérer une situation difficile.

Les programmes très bien conçus permettent à l’utilisateur de choisir les éléments qu’il souhaite ajouter à la réalité. Ils peuvent être paramétrés pour présenter un problème, puis les résultats apparaissent en fonction de la décision prise par l’utilisateur pour le résoudre. Actuellement, la réalité augmentée est le plus souvent utilisée pour les formations techniques et mécaniques. Un programme de formation en maintenance informatique crée une image virtuelle d’un ordinateur sur lequel le stagiaire peut travailler. Les programmes de réalité virtuelle peuvent produire des hologrammes en projetant des images tridimensionnelles dans l’espace, exactement comme dans la science-fiction.

Les solutions aux problèmes technologiques répondent souvent à la loi du tout ou rien : soit elles fonctionnent, soit elles ne fonctionnent pas. Certes, il existe des solutions qui échouent avec des conséquences désastreuses – en général, en détruisant la technologie – mais elles sont rares. Même les réponses les plus erronées n’entraînent pas d’incendie ou d’autres incidents graves. L’apprenant se rendra compte de son erreur et corrigera le problème. Le programme peut même indiquer à l’apprenant ce qu’il doit faire rapidement si tel problème survient.

La réalité augmentée peut être utilisée pour apporter des conseils sur les relations humaines dans des situations moins dramatiques. Si, en tant que responsable, vous deviez donner des conseils à un employé qui a des problèmes, sur quels signes pourriez-vous vous appuyer pour déterminer si l’employé a bien assimilé vos recommandations ? Je dis « pourriez » car, bien que nous ayons tous des points en commun, chacun est différent. Le but des conseils est de résoudre les problèmes avant qu’ils ne nuisent à l’employé, à l’entreprise et au responsable.

La réalité augmentée présente d’autres atouts. Grâce aux systèmes GPS des appareils mobiles, les programmes sont adaptés aux différentes zones géographiques.  Par exemple, la filiale de New York reçoit les programmes en anglais, tandis que celle de Paris les reçoit en français.

Cette technique n’est pas juste un synonyme de formation à distance. Elle profite aussi bien à des collaborateurs de filiales internationales avec des besoins similaires en formation qu’à ceux d’un même bureau avec des besoins différents en formation. L’efficacité de la réalité augmentée repose sur celle de la formation personnalisée. La personnalisation augmente l’adhésion des apprenants au programme. Cette adaptabilité de la réalité augmentée en fait un élément central de tout programme visant à former une équipe efficace. Les cours en présentiel et les travaux pratiques sont toujours d’actualité. Les apprenants doivent s’entraîner de manière pratique, et non se contenter d’apprendre des procédures. L’individualisme n’a pas sa place dans une équipe, mais les individus, si.  Que ce soit au bureau ou lors des déplacements, la réalité augmentée renforce les individus et leur permet de contribuer à l’effort de groupe avec plus d’efficacité.10

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